GABRIEL·LE
Salle Anaïs-Allard-Rousseau (Maison de la Culture de Trois-Rivières)
Texte de GEORGE SAND
Adaptation et mise en scène d’ÉTIENNE BERGERON
Scénographie : Étienne Bergeron, Louise Nicolas
Éclairages : Jonathan Johnson
Recherche musicale : Étienne Bergeron
Costumes et accessoires : Louise Nicolas, Marie-Andrée Leduc
Construction du décor : Luc Archambault, Luc Martel
Chorégraphie du duel à l’épée : Patrick Lacombe
Chorégraphie de la bagarre : Alexandre Sauvageau
Avec : Lionel Berthoux, Esteban Bouchard, Yves Brodeur, Ysée Camirand-Long, Guillaume Clément, Charlie Gélinas, Rémi Gervais, Marie-Andrée Leduc, Flavie Pelletier
L’histoire se déroule dans une Renaissance italienne imaginaire. Le prince Jules de Bramante a deux fils ; son aîné, qu’il aime, donne naissance à une fille, quand le second, qu’il déteste, est père d’un garçon. Or, comme selon la loi du majorat seuls les hommes peuvent hériter, le prince dissimule sa petite-fille et lui fait donner l’éducation physique et intellectuelle qui sied à un jeune homme. La pièce débute lorsqu’on vient avouer ce terrible secret à Gabriel qui ignore tout de sa véritable nature de femme. S’offre alors à la jeune personne le choix de rester Gabriel et de vivre en prince libre et riche, ou de devenir Gabrielle, femme déshéritée et captive éternelle d’un couvent. Gabriel choisit d’être prince, part à la rencontre de son cousin désargenté, le comte Astolphe de Bramante, et découvre avec lui le monde. De leur amitié naît un amour fusionnel, qui contraint bientôt Gabrielle à se plier aux codes d’une société conservatrice et patriarcale, augmentée de l’autorité de son conjoint jaloux qui conduira son tragique destin.
Fruit d’une expérience éducative, emprisonné dans une identité complexe, être hybride, femme et homme à la fois, Gabriel chemine à la rencontre du trouble de ses sentiments. Gabriel·le met ainsi de l’avant le combat qu’a mené toute sa vie George Sand pour l’égalité des femmes et des hommes et interroge nos dispositions et nos insuffisances pour parvenir à nous affranchir de nos déterminismes.
Durée : 2h30 (avec entracte)
PROGRAMME
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Photos du spectacle
Dans les médias
« J’ai trouvé mon expérience très agréable! […] J’ai d’abord été frappée par le décor, parce que c’est un décor qui est très, très épuré, [ce qui peut surprendre] pour un texte d’époque. […] Mais dès que le spectacle commence, ça prend tout son sens. C’est en fait une toile de fond [pour des] projections multimédias, des éclairages, la musique… On a aussi de super beaux costumes, qui ont une très belle symbolique et qui évoluent tout au long de la pièce ; c’est très intéressant. Et la musique ; gros coup de coeur! Parce que ce n’est pas seulement pour remplir les silences : les morceaux accompagnent magnifiquement les transitions entre chaque scène ; ça donne du mouvement aussi à la pièce. […] C’est une pièce qui a été écrite il y a très longtemps, mais on est vraiment capable d’y voir de beaux échos avec notre monde moderne. […] Et les comédiens, il faut que je leur lève mon chapeau. C’était une super belle distribution ; Étienne Bergeron a fait de très bons choix! Une très belle relève a été mise de l’avant dans ce spectacle-là. Je tiens d’ailleurs à souligner le travail d’Ysée Camirand-Long, qui joue Gabriel ; magnifique interprétation. »
— Sandrine Bernier, Fin PM, ICI Première, 25 septembre 2026
« C’est à une sacrée oeuvre que s’attaquait jeudi soir le Théâtre des Gens de la Place, avec la pièce 𝘎𝘢𝘣𝘳𝘪𝘦𝘭.𝘭𝘦 de George Sand. Un texte percutant et bouleversant, qui se devait d’être porté par des comédiens solides. [...] Le texte de 𝘎𝘢𝘣𝘳𝘪𝘦𝘭 n’est pas jeune (1839), en plus d’être long et dans un registre de langue loin du parler de tous les jours. Les thèmes abordés sont loin d’être simples et pour que le tout soit percutant, il faut en réussir l’exécution. Bref, c’eût été facile de se planter. Des éléments qu’ont réussi à maîtriser les comédiens, dont plusieurs sont encore assez jeunes. Chapeau à eux, en particulier Ysée Camirand-Long, qui incarne avec brio Gabriel.le. Le jeu est juste, fluide, pas surfait… Indignation, remise en question, colère, tristesse : difficile de ne pas quitter la salle Anaïs-Allard-Rousseau sans un mélange de ces émotions que nous font vivre les comédiens. Encore, bravo. Bravo aussi à Étienne Bergeron, assisté de Louise Nicolas à la scénographie et aux costumes, qui signe d’une main de maître la mise en scène de la pièce. Tant dans la direction des comédiens que dans l’utilisation de la scène, c’est réussi. Avec quelques deux-par-quatre, des toiles et un accessoire par-ci par-là, le décor minimaliste donne vie à des scènes riches visuellement. Un savant jeu d’éclairage donne encore un peu plus de grandeur à cette production. Comme quoi avec peu de moyens, on peut faire beaucoup. Bref, c’est une réussite sur toute la ligne pour 𝘎𝘢𝘣𝘳𝘪𝘦𝘭.𝘭𝘦, qui démarre en lion cette 34e saison du TGP et mérite amplement deux heures et demie de votre temps, que je sais précieux. Ce serait trop bête de passer à côté d’une telle démonstration du talent trifluvien. »
— Matthieu Max-Gessler, Le Nouvelliste, 25 septembre 2026
« C’est un texte qui date de plusieurs siècles et qui propose une réflexion sur le genre, sur la place des hommes et des femmes dans la société, sur les attentes qui pèsent sur eux et elles, sur les limites aussi de ces identités qui nous gouvernent au quotidien. Je voulais explorer ces questions-là et montrer que même si c’est un texte plus ancien, on peut l’adapter un peu et constater que c’est encore, voire encore plus d’actualité aujourd’hui comme propos. »
— Étienne Bergeron, en entrevue avec Patrick Evans, Toujours le matin, ICI Première, 24 septembre 2026
« “Pour un texte du 19e siècle, je trouvais qu’il était super actuel. Évidemment, George Sand ne parlait pas d’identité de genre, parce qu’on n’utilisait pas ces termes-là à l’époque, mais je trouve que toutes les réflexions qui traversent cette pièce résonnent encore aujourd’hui”, lance le metteur en scène Étienne Bergeron. L’histoire est celle de Gabriel, jeune femme élevée comme un garçon pour pouvoir hériter du patrimoine familial puisque les lois de l’époque réservaient cette possibilité aux hommes seulement. À 17 ans, elle apprend la vérité sur son identité et se retrouve confrontée à devoir choisir. Cherchant des réponses, Gabriel part à la rencontre de son cousin Astolphe, qu’elle n’a jamais connu. Leur relation, d’abord fondée sur l’amitié, évolue peu à peu vers une histoire d’amour qui les force à remettre en question leurs conceptions de la vie et de l’amour. “Est-ce qu’elle veut continuer d’agir en garçon pour avoir les privilèges qui viennent avec? Est-ce qu’elle assume plutôt qu’elle est une femme avec ce que ça aura comme conséquences négatives? En même temps, si elle veut vivre son histoire d’amour avec Astolphe, elle n’a pas le choix d’être une femme... […] À propos de ces questions sur l’identité, la pièce ne donne pas vraiment de réponses, mais elle amène à réfléchir, et si les gens, après le spectacle, en viennent à faire preuve de plus d’empathie envers des personnes de leur entourage qui sont confrontées à des questionnements comme ceux-là, le pari va être gagné.” »
— Étienne Bergeron, en entrevue avec Émile Héroux, L’Hebdo Journal, 23 septembre 2026